Calopteryx splendens ou Calopteryx virgo ?
Photo © Jean-Marc Gayman 2007 (Cliquez sur la photo pour agrandir).
Les femelles : des coquettes qui cachent bien leur jeu
Si l’identification des mâles, même jeunes, chez Calopteryx splendens et Calopteryx virgo ne pose souvent aucun problème, celle des femelles, par contre, peut s’avérer réellement délicate. Surtout dans le sud de la France, où Calopteryx splendens peut se présenter sous diverses formes1 et côtoyer d’autres espèces proches comme Calopteryx xanthostoma2 et Calopteryx haemorrhoidalis3. Pour couronner le tout, certaines femelles peuvent présenter une particularité : l’androchromie. Dans ce cas elles adoptent les couleurs des mâles, et leurs ailes colorées ajoutent encore au risque de confusion4.
Un critère à vérifier en priorité : la largeur des ailes
Chez la plupart des femelles Calopteryx splendens, surtout les jeunes imagos, les ailes présentent une coloration verte typique. Chez Calopteryx virgo, les ailes sont brunes5. Les ailes des femelles des deux espèces comportent normalement un pseudoptérostigma blanc, mais il peut être absent. Oui, mais… Les ailes d’une femelle Calopteryx splendens peuvent être plutôt brunes6, et celles d’une femelle Calopteryx virgo peuvent présenter une nervure costale verte très visible. Pas facile. Il reste la largeur7(surtout sur la partie distale) et la structure (taille et nombre des cellules) des ailes pour départager les prétendantes.
Calopteryx splendens
Ci-dessous : femelles Calopteryx splendens. La première, typique, arbore une coloration verte. La seconde présente des ailes plus brunes, mais certaines nervures restent vertes. Les ailes sont plus étroites que chez une femelle C. virgo typique.
Photo Mat_, Galerie-insecte
(Cliquez sur la photo pour agrandir).
Photo © Christoph Mischke, Naturfoto-agentur.de
(Cliquez sur la photo pour agrandir).
Calopteryx virgo
Les femelles Calopteryx virgo présentent des ailes plus larges, avec ou sans nervure costale verte. La structure des ailes est également différente, mais ce critère est parfois difficile à apprécier.
Photo Mat_, Galerie-insecte
(Cliquez sur la photo pour agrandir).
Photo Michel Guttin, Galerie-insecte
(Cliquez sur la photo pour agrandir).
Reste à identifier les femelles Calopteryx splendens et Calopteryx virgo immatures androchromes, et à les différencier de Calopteryx xanthostoma et Calopteryx haemorrhoidalis. Il suffit de regarder les ailes. Chez les femelles C. splendens et C. virgo immatures androchromes, les quatre ailes présentent un début de coloration sombre, alors qu’il n’existe pas de forme androchrome chez les femelles de C. xanthostoma, et que chez les femelles C. haemorroidalis, seules les ailes postérieures présentent une bande plus foncée.
Calopteryx splendens femelle androchrome : la bande sombre n’atteint pas l’apex de l’aile.
Calopteryx virgo femelle androchrome : la zone sombre s’étend de l’apex à la base de l’aile (zone hyaline à la base chez la ssp meridionalis).
Calopteryx haemorrhoidalis
Pour comparaison, ci-dessous femelle Calopteryx haemorrhoidalis immature. Plus brune que C. splendens et C. virgo, avec des nuances rougeâtres plus ou moins apparentes sur le thorax, l’abdomen et les tibias, et surtout des stures thoraciques claires. Seules les ailes postérieures présentent une bande sombre très marquée sur la partie distale, souvent jusqu’à l’apex chez les imagos matures.
Photo Galerie-insecte
(Cliquez sur la photo pour agrandir).
Suivez le guide !
Fiche espèce C. splendens sur Odonates 22
Fiche espèce C. splendens sur Mes libellules des Mauges
Page espèce C. splendens sur Libellules
Fiche espèce C. splendens au parc de Brieux
Fiche espèce C. virgo sur Odonates 22
Fiche espèce C. virgo sur Mes libellules des Mauges
Page espèce C. virgo sur Libellules
Page espèce C. haemorrhoidalis sur Libellules
Page espèce C. xanthostoma sur Libellules
- Formes intermédiaires entre C. splendens et C. xanthostoma, notamment. [↩]
- Calopteryx xanthostoma est présent au-delà des départements méditerranéens en France (jusqu’au centre) mais est réputé être en régression au nord de son aire de répartition. [↩]
- Calopteryx haemorrhoidalis est surtout présent dans le sud-est de la France, jusqu’à Lyon, ainsi qu’en Isère. L’espèce est plus rare dans le sud-ouest. [↩]
- Les femelles C. virgo et C. splendens immatures androchromes peuvent être confondues avec C. haemorrhoidalis à cause de la coloration progressive des ailes. [↩]
- Elles peuvent également être très peu colorées. Les femelles C. virgo aux ailes presque incolores sont très difficiles à différencier des femelles C. splendens. [↩]
- En tout cas sombres, jamais couleur “tabac” comme chez C. virgo. Les nervures restent vertes mais ce critère est difficile à apprécier à distance. [↩]
- Critère peu fiable pouvant varier suivant les individus. [↩]
Cet article vous a plu ou pourrait intéresser vos amis ? Vous pouvez l'enregister ou le partager en ligne à l'aide de l'un des systèmes suivants :









Merci de votre commentaire sur mon blog, et bravo pour vos explications sur les calopteryx qui sont très poussées, surtout pour moi qui m’avoue vaincue d’avance devant toutes les petites femelles de Zygo en maraude !
26 février 2008 à 21:16Un article très intéressant sur le sujet. Merci pour la rectification quant à mon calopteryx, je vais faire la correction. Bonne journée.
27 février 2008 à 5:56Merci pour toutes ces explications fort intéressantes.
6 juillet 2008 à 8:49Très belles photos … Lumineuses et précises … Valent la peine d’être agrandies . Sont-elles retouchées ? Bonne soirée
6 juillet 2008 à 20:27Je publie à l’instant un mâle splendens et dans mon message je déplore l’absence de femelle.
Je réalise en lisant ton article que j’ai peut-être dédaigné des femelles splendens les prenant pour des virgo. Je devrais venir plus souvent !
1 septembre 2008 à 6:51