Orthetrum coerulescens et Orthetrum brunneum
L’identification d’Orthetrum coerulescens1 ou d’Orthetrum brunneum est souvent difficile. Qu’il s’agisse de femelles, de mâles ou d’immatures, le seul critère fiable, outre l’examen des génitalia2 chez les mâles, reste le nombre de cellules dédoublées sous la nervure radiale supplémentaire3 (Nrs) des ailes. Toute autre considération en rapport avec la coloration des imagos est à prendre avec un maximum de précautions tant les apparences peuvent s’avérer trompeuses. Le lieu de rencontre4 ne constitue pas non plus un critère permettant d’écarter l’une ou l’autre espèce.
Les mâles matures
En théorie, l’Orthétrum bleuissant (O. coerulescens) mâle est plus svelte5, et moins bleu que l’Orthétrum brun (O. brunneum). Le premier présente en général un thorax plus sombre6, avec des bandes antéhumérales claires, ainsi qu’une face sombre. Le second, légèrement plus trapu, est entièrement bleu7, de la face à l’extrémité de l’abdomen. Orthetrum coerulescens est également censé posséder de longs ptérostigmas clairs (jaunes), alors que chez O. brunneum ils sont plutôt courts et sombres (brun-rouge). Ceci est sans doute vrai sur la plupart des jeunes imagos, mais chez les individus plus âgés ces critères sont, en pratique, souvent inutilisables. Le thorax d’O. coerulescens peut être entièrement bleu, et ses ptérostigmas peuvent devenir foncés.
O. brunneum ne ressemble jamais à O. coerulescens, mais O. coerulescens peut ressembler très fortement à O. brunneum. Un individu à face claire n’est pas forcément O. brunneum. Il est nécessaire de vérifier le nombre de cellules dédoublées sur plusieurs ailes si elles sont présentes en petit nombre (3 ou 4).
Orthetrum coerulescens
Les ailes antérieures et postérieures d’O. coerulescens présentent une particularité : une seule rangée de cellules sous la Nrs. Quelques-unes peuvent être dédoublées. En cas de doute, mieux vaut vérifier sur une autre aile de l’individu, voire sur les quatre ailes. Photo Michel Ehrhardt, Galerie insecte
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D’après photo © Miguel Vergues, Sentiers sauvages
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Les jeunes imagos mâles présentent des bandes antéhumérales bien visibles. Leur thorax n’est pas recouvert de pruine.
Photo Galerie insecte
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Les mâles agés d’O. coerulescens ressemblent à s’y méprendre à O. brunneum. Les ptérostigmas peuvent être bruns, la face claire et le thorax entièrement bleu. Seul l’examen des cellules en dessous de la Nrs permet d’identifier l’espèce avec certitude. Photo © Pascal Dubois, Côté Nature
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Comme chez de nombreuses espèces, certaines femelles Orthétrum bleuissant âgées présentent une pruinosité les rendant difficiles à distinguer des mâles si l’apex de l’abdomen n’est pas visible. Comme chez les mâles âgés, les ptérostigmas sont plus sombres que ceux des jeunes imagos. Et le front est bleu clair…
Photo Mineha, Galerie insecte
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Orthetrum brunneum
Les ailes de l’Orthétrum brun comportent de nombreuses cellules dédoublées sous la Nrs, comme chez la plupart des espèces d’Orthétrum pouvant être observées en France. Si elles sont peu nombreuses sur une aile, mieux vaut vérifier les autres. Le critère de la coloration de la face est vrai pour O. brunneum mais ne permet pas d’écarter O. coerulescens. Photo Emmanuel Freri, Galerie insecte
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L’abdomen des orthétrums bruns est plus épais que celui des orthétrums bleuissants. Toutefois ce critère n’est visible que de dos. Les imagos observés de profil ou de trois-quarts paraissent semblables chez les deux espèces. La couleur des ptérostigmas est également variable suivant les individus (et plus claire sur la face inférieure des ailes que sur la face supérieure).
Photo Mat_, Galerie insecte
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Les jeunes femelles et les immatures
La différenciation des femelles et les immatures des deux espèces est encore plus compliquée que celle des mâles si l’on essaie de se baser sur des critères de coloration plutôt que sur les critères morphologiques. À moins d’examiner les génitalia des mâles immatures et le nombre de cellules dédoublées sous la Nrs de plusieurs ailes, l’identification est souvent impossible.
Il existe en outre un risque important de confusion avec les immatures d’autres espèces, notamment l’Orthétrum à stylets blancs (Orthetrum albistylum)8 et la Libellule écarlate (Crocothemis erythraea)9.
Suivez le guide !
Fiche espèce Orthétrum bleuissant sur Odonates 22
Page espèce Orthetrum coerulescens sur Libellules de la Sarthe
Fiche espèce Orthétrum brun sur Odonates 22
Fiche espèce Orthetrum brunneum aux étangs d’Ennery
Page espèce Orthetrum brunneum sur Libellules de la Sarthe
- Orthetrum coerulescens est présent en France sous deux formes : O. coerulescens coerulescens, présent partout en France sauf dans l’extrême nord du pays, et O. coerulescens anceps, présent en Corse. La sous-espèce anceps ne peut être déterminée que par l’examen des génitalia. [↩]
- Lamina antérieure longue et arrondie devant l’hameçon chez O. coerulescens, pointue et plus courte que l’hameçon chez O. brunneum. [↩]
- Nervure située à l’extrémité des ailes antérieures et postérieures. [↩]
- Les deux espèces sont plutôt inféodées aux eaux courantes à végétation éparse mais peuvent être rencontrées à proximité d’habitats variés. [↩]
- Critère relativement fiable, à condition d’avoir déjà observé les deux espèces. [↩]
- Non recouvert de pruine grise-bleue. [↩]
- Face, thorax et abdomen pruineux, bleu assez clair. [↩]
- Les immatures d’O. albistylum présentent des marques noires longitudinales caractéristiques sur l’abdomen. [↩]
- Les immatures de C. erythraea présentent de grandes taches ambrées à la base des ailes postérieures. [↩]
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Quelle érudition sur ce blog ! Effectivement, quand on est débutant comme moi, reconnaître un orthétrum, même mâle, est difficile. Pour ce faire, je me suis fait aider par des “spécialistes” du forum Benelux. Votre blog sera pour moi aussi une référence en cas de difficulté ! Si vous voulez voir quelques photos de libellules que j’ai faite, vous pouvez cliquez dans la section Odonates de mon blog.
Cdt,
5 mars 2008 à 8:21Jma
Merci

5 mars 2008 à 10:19Identifier un Orthétrum “bleu” ne pose pas un problème qu’aux débutants ; c’est parfois réellement difficile, surtout sur photo, suivant l’angle de vue. Et le critère des cellules dédoublées n’est pas simple car le nombre varie suivant les ailes et les individus. Nous aborderons l’identification des sympétrums plus tard cette année. C’est pas toujours facile non plus…