Somatochlora metallica, la Cordulie métallique
Toute première émergence de Cordulie (Chlorocordulie) métallique (Somatochlora metallica) constatée ce matin au parc de Brieux. Un jeune mâle finissait de rigidifier ses ailes lorsque je l’ai aperçu. Cinq minutes plus tard il prenait son envol au-dessus de l’étang nord-est. J’en parlais il y a à peine deux jours et les voilà déjà… J’ai tout de suite reconnu l’espèce à la finesse de l’abdomen, à la coloration verte exempte de reflets bronzé, et aux marques jaunes typiques de la face.
Encore un peu et je le ratais, celui-là. Dix photos prises assez fébrilement et il est parti. J’ai longtemps traîné, voyant le temps maussade, et ne me suis décidé à aller au parc qu’en milieu de matinée. Si j’étais passé quelques heures plus tôt j’aurais peut-être pu réaliser une séquence complète de l’émergence de cette espèce assez discrète. Dans les jours qui viennent, c’est promis, je vais chercher les chlorocordulies avec plus de conviction.
(Cliquez sur les photos pour agrandir)
Cette Cordulie métallique a eu de la chance. La larve est probablement sortie au petit matin pour que l’envol ait lieu à 10H50. Elle a grimpé plutôt haut sur une graminée, à découvert, et l’imago aurait dû attirer l’attention des oiseaux. Ceci dit, je ne boude pas mon plaisir. Je n’ai eu que de rares occasions de photographier cette espèce, et la découverte de cette émergence m’a permis de réaliser quelques clichés fort utiles pour l’identification.
Outre la barre frontale jaune tout à fait caractéristique sur la face (absente chez Cordulia aenea), l’abdomen des mâles Somatochlora metallica est nettement plus fin que celui des cordulies bronzées. Il n’est pas épaissi en massue à son extrémité, et une lame supra-anale triangulaire est bien visible sur les appendices anaux. Les cordulies bronzées mâles présentent une lame supra-anale fourchue et munie de crochets assez peu visible sous les cercoïdes.
L’étendue des taches jaunes à la base de l’abdomen, ainsi que la nervation de la base des ailes postérieures ne constituent pas des critères d’identification très fiables sur le terrain. Si la face n’est pas visible, l’aspect de l’abdomen et les appendices anaux des mâles restent des valeurs sûres. Pour les femelles, c’est nettement plus compliqué. La grande lame vulvaire des femelles Somatochlora metallica est typique, vue de profil, mais si on ne ne la voit pas l’identification de l’espèce est souvent problématique.
J’ajoute deux photos de l’exuvie pour la forme, mais là aussi la différenciation entre Somatochlora metallica et Cordulia aenea ou Epitheca bimaculata est plutôt compliquée. On reconnaît immédiatement une larve du groupe des cordulies, mais pour arriver à l’espèce il faut étudier les épines dorsales (présentes du segment 2 ou à 3 au segment 9, chez la Cordulie métallique) et la taille des épines latérales des derniers segments. Somatochlora metallica étant légèrement plus grande que Cordulia aenea, les larves sont également plus grandes (de la taille de celles de la Cordulie à deux taches, Epitheca bimaculata, présentées dans un article précédent).
Suivez le guide !
Page espèce Cordulie métallique au parc de Brieux
Page espèce Cordulie métallique sur Odonates 22
Page espèce Cordulie métallique sur Mes libellules des Mauges
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Eh oui!!
8 juin 2009 à 13:51La même que chez Don Jean-Michel!!!
Je découvre ton blog… WOW, impressionnant!
Je sais à qui je peux m’adresser à présent pour une identification!!!
Bravo!
Je reviens voir tout ce que tu nous offres avec éclat dès mon retour de l’étang. Mais par ce temps mitigé, je n’ai pas trop d’espoir de tomber sur un scène comme de l’Empereur déchu!
A bientôt
Carine