Accident de plongée
On ne le répètera jamais assez, les plongées successives à l’air, c’est dangereux. Drame observé hier matin au parc de Brieux : une plongeuse émérite Enallagma cyathigerum n’est pas remontée. Les secours ont abandonné les recherches après quatre minutes. Les causes de l’accident restent inconnues car elles n’ont pas pu être identifiées d’après les photos réalisées… L’inexpérience du binôme, au comportement suspect, est envisagée.
L’Agrion porte-coupe (Enallagma cyathigerum) est un habitué des plongées en apnée. Les femelles sont capables d’aller pondre à plusieurs dizaines de centimètres sous la surface de l’eau. Ces immersions, dont la durée dépasse régulièrement une minute, sont effectuées sous la surveillance du mâle. Lorsque la femelle remonte à la surface, il la tire hors de l’eau et va la déposer sur un autre site de ponte de son choix. Enfin, d’habitude… Parce que celui-ci est reparti tout seul.
J’ai observé ce tandem d’agrions porte-coupes qui se comportait bizarrement hier matin. Le mâle posait la femelle sur l’eau sans la lâcher, puis repartait un peu plus loin pour répéter la même manoeuvre. Il devait chercher des myriophilles, mais tombait toujours à côté, si bien que la plongée de la femelle pour aller pondre ne pouvait pas commencer. Inutile de dire qu’après plusieurs tentatives, la femelle était complètement trempée et à moitié noyée. Et ça a duré un bon moment…
(Cliquez sur les photos pour agrandir)
Le mâle a finalement jeté son dévolu sur un groupement de myriophilles un peu à l’écart des autres agrions. Pressentant le début de la ponte, j’ai décidé de suivre les opérations pour en photographier les étapes principales. Le mâle arrive enfin à poser la femelle sur une tige affleurant la surface après à nouveau quelques tentatives infructueuses. Elle peut donc se redresser sur ses pattes au lieu de baigner, ailes écartées, comme une suppliciée. Ni une ni deux, elle plonge (photo de gauche ci-dessus) en marchant tête en bas sur la tige. Le mâle a immédiatement entammé un vol stationnaire à la verticale du point d’immersion (photo de droite).
Au départ, tout semble bien se passer. Je compte mentalement… Au bout de trente secondes, la femelle est descendue assez loin (photo de gauche ci-dessus), mais je la vois toujours. Elle continue à descendre… Pendant ce temps, je fais quelques photos en vol du mâle qui ne quitte pas le spot, déviant à peine de quelques dizaines de centimètres sur ses positions stationnaires les plus éloignées. 60 secondes… 90 secondes… Je ne vois plus la femelle. Le mâle est toujours là (photo de droite). 120 secondes… Le mâle s’éloigne d’un mètre et commence à tourner au-dessus d’un autre groupement de myriophilles… Ça ne sent pas bon… 180 secondes…. Le mâle revient à la verticale du point d’immersion. La femelle reste invisible. Elle ne réapparaîtra pas.
J’ai compté au total quatre minutes. Le mâle est parti brusquement après ce délai. J’ai encore attendu quelques temps avant de me résigner moi aussi. Je venais d’assister à la dernière plongée de cette femelle. Je n’ai pas vu de poisson ou de grenouille, je l’ai juste perdue de vue un instant. Je me demande si ce n’est pas le traitement que lui a infligé son partenaire qui a eu raison de sa résistance…
Suivez le guide !
Page espèce Agrion porte-coupe au parc de Brieux
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Page espèce Agrion porte-coupe sur Mes libellules des Mauges
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Ton reportage est vraiment passionnant et je suis aussi déçue pour cette pauvre femelle !
19 juin 2009 à 22:15C’est le grand n’importe quoi, avec certains mecs, et ce, quelle que soit l’espèce!!!
21 juin 2009 à 8:58Bravo, très sympa, ce reportage et c’est vrai qu’on a mal cœur pour elle!