Le ruisseau de Fèves, première partie
Nouvel article dans la série “Montre-moi ton ruisseau”, ou la quête des habitats les plus improbables. J’ai décidé d’étudier le cortège d’espèces présentes le long du ruisseau de Fèves, au sud-ouest de ma localité. La photographie d’intro est aguicheuse, mais peu représentative. Le premier tronçon que j’ai arpenté est en fait situé au beau milieu d’un parc d’activité industrielle. Le ruisseau, dont le niveau est très bas en cette fin de printemps, est encaissé entre des parkings et des pelouses séparant de nombreuses sociétés. Et l’eau… est vraiment très chargée par endroit. Ceci étant, j’y ai fait une découverte…
Le ruisseau de Fèves serpente sur plusieurs kilomètres entre les communes de Fèves, Semécourt et Maizières-les-Metz. Prenant sa source à l’ouest (Fèves), il rejoint Maizières-les-Metz dans la zone d’activité Euromoselle Sud. De précédents repérages m’ont permis de constater que le ruisseau est propre mais très étroit et très peu profond (à peine quelques centimètres d’eau coulant sur des graviers) en de nombreux endroits en amont. En aval, là où le pauvre “atterrit” en pleine zone bétonnée, il s’élargit et s’envase fortement.
(Cliquez sur les photos pour agrandir)
Le ruisseau est dépourvu de poissons (je n’y ai même pas vu d’épinoches…) et, pour autant que je sache, de batraciens. Il grouille de larves d’insectes divers et variés. Les berges sont hautes et couvertes de plantes basses très denses sur plusieurs mètres de largeur. Les traces de vase sur les hélophytes dans le cours d’eau (en majorité des phragmites, mais en quelques endroits j’ai trouvé d’importants groupements de typhas, comme sur la première photo) attestent d’importantes variations de niveau, probablement en hiver.
Les premières observations effectuées sur site ont été plutôt décevantes. En dehors d’une petite Nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) isolée au beau milieu du cours d’eau, je n’ai trouvé que l’habituel trio : Agrion élégant (Ischnura elegans), Agrion porte-coupe (Enallagma cyathigerum) et Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes).
Le plus intéressant restait à venir… J’ai trouvé un peu plus loin deux libellules fauves, un mâle territorial et à dix mètres de lui une femelle qui se reposait cachée sous une feuille, pendant au-dessus de l’eau. Pas d’autres anisoptères en vol. J’ai eu beau chercher d’éventuels patrouilleurs qui auraient pu suivre le cours d’eau en volant très bas, rien.
L’attitude de la femelle, son âge et le comportement du mâle me laissent penser que ces libellules sont issues du ruisseau à cet endroit ou un peu plus loin, là où la hauteur d’eau est un peu plus importante. Je n’ai retrouvé aucune exuvie, mais le site ne se prête guère à leur recherche. J’en étais là dans mes constatations lorsque soudain, en tournant la tête, j’ai aperçu un petit mâle perché sur une branchette qui a retenu toute mon attention…
Mon appareil m’a accordé trois photos de qualité très médiocre avant de me signifier le fatidique “batteries vides” de rigueur dans des moments pareils… Grrr… Un Orthétrum brun (Orthetrum brunneum) ! Un jeune mâle (ptérostigmas encore jaunes) qui était là à me regarder dès le départ, discret, tranquille, à moins de deux mètres… Il faudra absolument que j’y retourne, mais le soleil a décidé de se cacher depuis.
L’Orthétrum brun est une espèce relativement rare dans la vallée de la Moselle. Cet anisoptère ne fréquente pas (habituellement) les grandes pièces d’eau. Pour le trouver, il faut rechercher les petits ruisseaux à découvert, sans arbres ni buissons épais. J’ai observé une femelle en bordure de rivière à Ennery l’année dernière, sur une friche, mais je ne m’attendais pas à le trouver au beau milieu d’une zone industrielle !
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J’attends la suite des aventures de l’orthétrum brun que je ne connais pas encore…
19 juin 2009 à 17:52Comme quoi il ne faut pas hésiter a prospecter même les endroits les plus insolites.
19 juin 2009 à 17:58En espérant que tu retrouve cet orthétrum dans de meilleurs condition et que l’on puisse en profiter sur ton site.
Comme toujours, ton article est intéressant et nous apprend bien des détails,
19 juin 2009 à 22:19attention aux batteries ….
Les services communaux rasent les “pelouses” sur certaines zones (probablement pour limiter les risques d’incendie en été), mais l’essentiel est préservé au bord de l’eau. Il y a beaucoup de plantes différentes d’ailleurs, pour le plus grand bonheur des papillons et des sauterelles qui sont très nombreux.
21 juin 2009 à 10:52La biodiversité se niche là où l’on veut bien lui laisser une petite place ! Un remarquable article comme je les aime !
Cdt,
22 juin 2009 à 16:14Jma